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à propos de la couleur

C'est vers 1050 que le mot couleur  apparaît. Il doit ses origines au latin "color" qui se rattache au groupe "celare" (cacher) : la couleur recouvre et cache la surface d'une chose.

Notre quotidien est parsemé de réactions, de comportements, de choix qui sont fonction d'une perception consciente ou non des couleurs qui nous entourent. L’achat d'un vêtement, l'aménagement d'un intérieur, sa mise en peinture… sont autant de situations qui nous confrontent aux choix de la couleur.

Si ceux ci peuvent paraître le fruit d'une  action non réfléchie, de notre sens de l'esthétique ; la couleur est avant tout un phénomène physique. Cette réalité pose un problème quand il s'agit de définir une couleur, de la classifier, tant la perception que nous en avons est individuelle. Démontrée au XVIIème siècle par Isaac Newton, la réalité scientifique de la couleur, ne suffit pas à expliquer notre comportement et nos choix face à la couleur.

Cette présentation n'est qu'une approche du rôle actif de la couleur dans notre existence. Ce sujet peut être approfondi au travers d’ouvrages dont vous trouverez une liste non exhaustive dans la bibliographie.

A propos de la couleur

 

Phénomène physique de la couleur

La couleur est la résultante de la perception par l'œil de la réflexion d'une source lumineuse sur un objet donné. On doit à Isaac Newton la démonstration selon laquelle la lumière solaire est formée par une infinité de radiations, allant du rouge au violet.

Un objet placé sous un flux solaire réfléchit tout ou une partie des radiations : c’est la couleur que nous percevons.

Ainsi une surface qui absorbe l'ensemble d'une source lumineuse apparaît comme noire, alors que si celle-ci réfléchit la totalité des radiations, l'œil percevra la couleur blanche. Enfin, entre ces 2 extrêmes, une absorption plus ou moins importante donnera lieu à une multitude de couleurs.

Phénomène physique de la couleur

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Comment définir une couleur ?

La couleur est une interaction entre l'émission de la lumière, l'absorption et la réflexion de celle-ci sur une surface, et la réception par l'œil de ces réflexions lumineuses.

La nature de la source lumineuse, l'aspect de surface et la texture de l'objet éclairé peuvent avoir une incidence sur le rendu des couleurs. Chaque couleur est perçue de façon différente par chacun de nous. Il est donc nécessaire de faire référence à un vocabulaire spécifique pour qu'une nuance précise puisse être appréhendée et comprise par tous. C'est ainsi que nous parlerons de tonalité, de saturation et de clarté pour définir au plus près notre perception d'une teinte.

Nuance : variation de teinte que peut prendre une même couleur.

Tonalité : perception de la sensation visuelle des réflexions des radiations lumineuses qui permet de définir des couleurs comme bleu, vert, jaune, rouge…

Saturation : densité ou proportion de couleur pure ; ou caractère plus ou moins coloré de la perception visuelle d'une teinte (vif, terne,…).

Clarté : aspect plus ou moins clair d'un objet issu de la faculté de ce dernier à réfléchir de la lumière (clair, sombre,…)

Comment définir une couleur

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Classification des couleurs

Classer les couleurs permet de les comparer, les harmoniser, les opposer, les faire vivre les unes avec les autres.

Couleurs primaires : Rouge, Jaune, Bleu. Leur mélange permet d’obtenir toutes les autres couleurs.

Couleurs secondaires : mélange de  deux couleurs primaires entre elles : Rouge et Jaune => Orange.

Couleurs intermédiaires : mélange d’une  couleur primaire et d'une couleur secondaire.

Couleurs complémentaires : elles se trouvent opposées dans le cercle chromatique. La complémentaire du Rouge est le Vert, celle du Jaune est le Bleu. Leur association en décoration crée la lumière.

Couleurs chaudes : du Jaune au Rouge - Violet sur le cercle chromatique.

Couleurs froides : du Bleu - Violet au Jaune - Vert sur le cercle chromatique.

Couleurs pâles ou claires : teintes contenant du Blanc.

Couleurs foncées ou sombres : teintes contenant du Noir.

Couleurs saturées ou lumineuses : teintes pures ne contenant ni Blanc ni Noir.

Couleurs insaturées ou atténuées de gris : teintes contenant du gris ou la couleur complémentaire.

Classification des couleurs

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Langage des couleurs

LE BLANC

Le blanc est la couleur absolue : elle contient toutes les autres couleurs, produite par le réfléchissement de l'ensemble des radiations lumineuses.

Exempte de toute souillure, "stérile", elle devient l'emblème de l'inquiétude (page blanche de l'écrivain…) de l'hygiène (savons, locaux de laboratoire, blouses de médecin…) mais aussi de la simplicité, de la neutralité (drapeau blanc, colombe de la paix…).

Dans la décoration le blanc est généralement appliqué sur les plafonds. Les capacités exceptionnelles du blanc à réfléchir la lumière en font l'allié des architectes en apportant luminosité et espace. Cependant la pureté de la couleur peut très rapidement infléchir les bénéfices de son utilisation. La surface pure qui s'en dégage est par essence absente de tout mouvement, de toute vie et peut amener malaise et inquiétude. C'est la raison pour laquelle il est conseillé de ponctuer l'espace blanc de touches de couleur (un mur, l'ameublement…).

Le blanc

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LE BLEU

Si le bleu est actuellement la couleur préférée des occidentaux, il n'en était pas de même dans l'antiquité où aucun terme ne désignait cette couleur dont on parlait comme un noir pâle ou un vert foncé…

A l'époque romaine, les assaillants barbares se peignaient le visage en bleu avant de partir au combat, pour se donner une allure fantomatique. Cette couleur évoquait alors le mal et les enfers.

C’est au Moyen-Âge que le bleu prendra ses lettres de noblesse avec l’importation du lapis lazuli par les Vénitiens. Le bleu est considéré comme la plus belle, mais aussi la plus chère des couleurs.

Bleu comme le ciel, bleu comme la mer… 2 immensités qui évoquent l'évasion, le rêve, le calme, la sérénité, la fraîcheur… Couleur de la paix et de la neutralité, le bleu devient naturellement la couleur des grands organismes internationaux comme l'ONU, l'UNESCO…

C'est la couleur du fond par excellence car tout se détache sur du bleu. Il supprime les limites et agrandit les espaces. Cette couleur sera préférée dans des locaux étroits. Couleur fraîche elle aérera les espaces sans fenêtre mais c'est aussi une couleur délicate car trop exposée au soleil elle pâlit et blanchit à l'usage.

Le bleu

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LE JAUNE

Faste sous l'Antiquité, discrédité au Moyen Age, le jaune a retrouvé aujourd'hui sa place et sa valeur énergétique.

L'utilisation du safran sous l'Antiquité, comme pigment pour teindre les étoffes est réservée, du fait de sa rareté, aux prêtres et à la noblesse. Le jaune d‘or attire par la chaleur et la luminosité qui s’en dégage les plus nantis et leur confère une aura prestigieuse, rayonnante.

L‘ocre jaune, pigment bon marché, recouvre beaucoup de façades, et sert d'élément décoratif pour mettre en valeur figures et ornementations architecturales.
Au Moyen Age, le jaune devient la couleur de la différence, de l'exclusion, de l'extravagance et du déguisement. Seul le jaune de l'or garde des valeurs positives.

Ce discrédit existe encore de nos jours. La tradition populaire l'associe aux maris trompés et au football le "carton jaune" sanctionne les fautes.

Aujourd'hui le jaune devient une couleur porteuse de valeurs positives. Sa luminosité attire le regard et permet de capter l'attention, la chaleur, l'énergie et la dynamique qui s'en dégagent servent en communication (vacances, loisirs, vitamines, …), les notions de richesse et de prospérité qui en émanent en font la couleur de la réussite (être le "maillot jaune"). Aux couleurs du miel pour les planchers, le mobilier, et les accessoires en bois naturel, le jaune est souvent utilisé en décoration : couleur du soleil qui éclaire les intérieurs, les tonalités vives et stimulantes du jaune dynamisent et illuminent les espaces… c'est un peu d'été qui rentre dans la pièce !

Le jaune

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LE NOIR

Toujours associé au blanc, le noir est son contraire : ici aucune réflexion de la lumière. Si le blanc est le symbole de la pureté et de la virginité, le noir devient synonyme de saleté, de souillure et par extrapolation couleur de la faute, du péché et de la malhonnêteté.

Le noir, indissociable de la nuit, renvoie aux mystères et donc à la mort. Cela devient la couleur de la tristesse, de la solitude et de la mélancolie. Au 13ème siècle, cette couleur évoque le renoncement, l'austérité religieuse  mais également la justice (uniforme, robe d'avocat, de juge, tenues de policiers, arbitres, pompiers).

A compter du XIVème siècle, le noir est valorisé au travers des principes vertueux qui y sont associés pour devenir aujourd'hui la couleur de l'élégance (smoking, tenues de soirée…) du raffinement et du luxe. La mode des silhouettes sveltes et dynamiques a trouvé dans le noir la couleur amincissante contribuant à son succès et à la valorisation positive de cette couleur.

Rares sont les murs et plafonds noirs dans nos habitations. Son utilisation reste délicate ; à l'instar du blanc qui repousse les limites d'un intérieur étriqué, le noir rétrécit les volumes et son emploi excessif peut avoir des conséquences déprimantes. Les bois noirs exotiques sont parfois utilisés pour les planchers. Dans la maison le noir reste le privilège des objets.

Le noir

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L'ORANGE

Grâce aux Italiens, un nouveau fruit, l‘Orange douce arrive en France à la Renaissance. Le nom de cet agrume fut associé à sa couleur ; voisine du jaune et du rouge dans le spectre des couleurs, l'orangé est une couleur chaude, intime. Associée à l'automne, cette couleur porte en elle le confort du feu dans l'âtre de la cheminée. L'éclat et la luminosité de l'orange lui donne vitalité et tonicité.

Cette couleur peut également être franche et plus tonique  jusqu'au point de devenir, dans les années 70, une couleur criarde et agressive.

Son utilisation en décoration se doit d'être limitée car elle peut lasser. Le dynamisme de cette couleur permet cependant de ponctuer, de rythmer les ambiances atténuées et calmes. Dans les pièces qui ne bénéficient pas de la lumière naturelle, l'orange diffuse sa luminosité et ensoleille par ses tonalités chaudes.

L'orange

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LE ROUGE

Couleur par excellence, le rouge est la première de toutes les couleurs.

Si l'on en croit les différentes légendes sur la genèse de la terre qui la décrivent de couleur rouge, ou celles sur le premier homme façonné avec de l'argile rouge, appelé Adam (de l'hébreu dom signifiant le sang et adama signifiant la terre des hommes), le rouge apparaît donc comme la couleur de la vie…

Signe de renouveau, de force , le rouge du feu est également source de force et de puissance, il insuffle aussi énergie, chaleur et lumière.

Mais le rouge sang est également la couleur de la mort, de la violence.

Le rouge devient la couleur du danger, de l'interdit, du mal car elle est la plus dynamisante, la plus visible.

Utilisée en extérieur ou en intérieur, elle ne donnera pas les mêmes sensations.
Une maison dont la façade sera peinte en rouge donnera une impression de surface et de masse plus importante.

Dans une pièce elle réduira les dimensions de celle-ci. L'usage du rouge en décoration intérieure est donc à faire avec délicatesse, car outre sa particularité de "changer" les volumes des lieux peints, il lasse très vite et crée un phénomène de rejet.

L'action du rouge est stimulante et source de plaisir ; cette couleur s'emploie pour faire ressortir et mettre en avant les autres couleurs.

Le rouge

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LE VERT

Le vert est la couleur du monde végétal par excellence et de la nature aux vertus rassurantes, calmes et reposantes. Cette couleur a pourtant des connotations négatives.

Est-ce dû aux difficultés rencontrées, par les teinturiers du Moyen Age, à reproduire cette couleur en absence de plantes contenant des pigments végétaux à force colorante suffisante ? L'explication se trouverait-elle dans l'aspect instable des teintes obtenues en faisant, de la couleur verte celle de l'incertitude, de l'aléatoire… ? Cette dualité (chance et malchance, victoire et défaite…), peut éventuellement expliquer que le vert soit devenu la couleur de surfaces de jeu (tapis de cartes, de billard, terrain de football, de golf…), distraction particulièrement marquée par le hasard et empreinte d'une certaine connotation négative.

Les avancées en terme de reproductibilité des verts francs et du maintien de cette couleur sur les différents supports utilisés, a permis d' associer le vert à la nature et à ses vertus.

Couleur du printemps, du renouveau, de la fraîcheur et par extension du calme, de la quiétude, de l'espérance, de la non-toxicité c'est la couleur de la permission (feu vert…), de l'hygiène et de la santé (poubelles de tri sélectif, croix des pharmacies…).

En décoration, le vert sera conseillé pour ses vertus apaisantes et reposantes, d'où son utilisation dans les domaines hospitaliers en association avec le blanc et le bleu, deux autres couleurs équilibrantes et fraîches.
Si le vert réfléchit moyennement la lumière, il donne une atmosphère cérémonieuse et froide. Dans une pièce il sera rehaussé de tentures rouges ou violettes
.

Le vert

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LE VIOLET

Nombreuses sont les sources pour obtenir cette couleur. L'origine semble être le pourpre issu d'un colorant sécrété par des mollusques.

Difficulté d'extraction de cette substance, quantité d'animaux nécessaires, en fait une matière onéreuse qui séduit le corps religieux et politique. Signe de prestige et d'élitisme, le pourpre est utilisé pour les étoffes des grands prêtres, des magistrats et des grandes figures de la noblesse et du pouvoir, et devient la couleur des empereurs et des rois.

Le pourpre perd ses lettres de noblesse au Moyen Age pour devenir une couleur peu employée. Elle apparait terne, de nuance plutôt grise ou noire, et devient la couleur du deuil.
La couleur pourpre oubliée, c'est la couleur violette qui prendra le relais.

Toujours empreinte de nos jours d'une connotation triste (habits des veuves), signe d'abnégation et de privation (couleur du carême), le violet connaît cependant ces dernières années une nouvelle dynamique  emprunte d’optimisme.

Des nuances plus provocantes et moins conventionnelles sont aujourd'hui utilisées dans la décoration : les fuchsias, les roses violacées… des couleurs toniques, signe d'une nouvelle liberté. Du pourpre et du violet en harmonie créeront, dans une maison, un décor au charme discret et paisible.

Le violet

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Bibliographie

E. BREMOND - L'intelligence de la couleur (Albin Michel)
T. GUILD - Blanc lumière (Dessain et Tolra)
T. GUILD - Vivre en couleurs (Dessain et Tolra)
C. GUILLEMARD - Le dico des mots de la couleur (Seuil)
M. PASTOUREAU - Les couleurs de notre temps (Bonneton)
A. VARRICHON - Couleurs, pigments, et teintures (Seuil)
D. BOULOGNE - Les raisons de la couleur (Altrenatives)
J.ITTEN - ART de la couleur (Dessain et Tolra)
M. DERIBERE - La couleur (Puf collection que sais je ?)

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